Avant, après : villes d’antan, villes de maintenant !

En se promenant au coeur des plans reliefs, ce que l'on constate d'abord, c'est l'extrême réalisme des maquettes. Et puis, dans un second temps et pour les connaisseurs des lieux, ce sont les différences entre les villes d'antan et les villes de maintenant. Quelles sont-elles ?

Les plans reliefs sont avant tout, nous avons déjà eu l’occasion de le voir ensemble, des instantanés des villes françaises pris à une époque précise : de quoi figer dans le temps, comme une photographie aérienne, un état passager de l’architecture et de l’urbanisme.

Ils permettent donc de comparer ce que chacun d’entre nous retrouve en se promenant dans notre bon pays à une réalité passée. 

Et même, certains plans représentent des villes telles qu’elles devaient être ultérieurement : ils servaient à représenter le projet de Vauban, qui parfois ne trouvait pas de lendemain. Le plan relief se trouvait alors donner l’image de quelque chose qui n’existait pas tout à fait et qui n’existerait jamais tout-à-fait !

Embrun, plan-relief, 1701 Embrun, plan-relief, 1701 © Photo RMN - René-Gabriel Ojeda

Ainsi, à Embrun, on trouve les fortifications de la ville suite à de menus travaux commandés par Vauban : nul besoin de plus, puisque l’attention est désormais concentrée sur la « première place », Mont-Dauphin. A côté, Embrun devient mineure…D’autant que la ville est défendue par une falaise toute faite, toute belle, toute naturelle. Le plan nous fait visiter cet Embrun encore doté de ses fortifications. Hors, en 1882, elles sont détruites. 

Mont-Dauphin, plan-relief, 1709 Mont-Dauphin, plan-relief, 1709 © Photo RMN - René-Gabriel Ojeda

A Mont-Dauphin, avec le plan relief, on peut visiter une ville qui n’a jamais existé dans un tel état : l’église Saint-Louis, présentée entière sur la maquette, n’a jamais été achevée. Pas de moyens, pas de fidèles ! En revanche, en promenade, on peut retrouver les fortifications de Vauban, toujours là !

Grenoble, plan-relief, 1839-1848 Grenoble, plan-relief, 1839-1848 © Photo RMN - Stéphane Maréchalle / René Gabriel Ojeda

A Grenoble, le plan relief vous fera découvrir deux époques qui cohabitent : l’enceinte du XVIe siècle avec celle du XIXe siècle. Entre les deux enceintes, une zone d’habitations à peine construites se dressent sur la maquette. Hors, juste après la construction du plan, cette zone intermédiaire fait l’objet d’un plan d’urbanisme. Puis, après l’agrandissement de l’enceinte urbaine, elle disparaît un siècle plus tard. Inutile de la chercher en vadrouille…On ne la trouve désormais plus que sous la nef du Grand Palais !

Besançon, plan-relief Besançon, plan-relief © Photo RMN - Stéphane Maréchalle / René-Gabriel Ojeda

A Besançon, on s’est d’abord préoccupés de la défense de la ville : sa citadelle, son enceinte bastionnée, son fort Griffon retiennent toute l’attention de Vauban. Le plan est construit à ce moment-là. Hors, juste après, la ville étant hors de danger, on s’occupe de l’aménagement et de l’urbanisme. Nullement visibles sur le plan.


Le plan de Strasbourg suit, davantage que les autres, les évolutions de la ville : il s’adapte aussi. On peut donc y trouver les transformations urbaines des XVIIe et XIXe siècles : création de places, construction d’hôtels particuliers, aménagement de jardins….Sous Napoléon III, on ajoute la voie ferrée, l’usine à gaz et le Canal de la Marne au Rhin.

 

Neuf-Brisach, plan-relief, 1703-1706 Neuf-Brisach, plan-relief, 1703-1706 © Photo RMN - René-Gabriel Ojeda

Le plan de Neuf-Brisach, construit de 1703 à 1706, représente la ville dans un état intermédiaire entre réalité et projet : on y voit donc déjà, à l’époque, l’église construite 30 ans plus tard ou encore l’hôtel du gouverneur construit en 1772. On y voit toutes ses fortifications, comme aujourd’hui et ce malgré les bombardements de 1945.

Plan-relief de la ville de Brest à l'échelle 1/600 (détail) © RMN / René-Gabriel Ojéda

A Brest, les bombardements ont tellement détruit la ville reconstruite en 1948, que le plan relief montre l’incroyable décalage avec la réalité actuelle de la ville…Brest est représentée, au début du XIXe siècle, comme une ville et ses forts au milieu de bocages très étendus qui correspondent aux limites des portées de tirs de canons de l’époque…Un Brest d’antan que l’on ne retrouvera plus vraiment.

 Une exposition qui nous apprend à accepter le passage du temps, à en avoir pleinement conscience, tout en se sentant indubitablement lié à une histoire collective et toujours présente dans les moindres recoins de nos paysages…

 

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