Le mot bucolique de Vauban

1673 : à la requête de Colbert, Vauban doit inspecter les places de Saint-Quentin et de Guise Picardie. Les trouvant fort mauvaises, il marque son étonnement auprès de Louvois : pourquoi y projeter des travaux et multiplier le nombre des places au lieu de concentrer les efforts sur les places frontalières ? Comment défendre le territoire alors qu’il n’est ni homogène, ni continu ?

Vauban dit alors, fort d’un pragmatisme sans faille et de ses origines campagnardes :

« Sérieusement, Monseigneur, le Roi devrait un peu songer à faire son pré carré. Cette confusion de places amies et ennemies pêle-mêlées ne me plaît point. Vous êtes obligé d’en entretenir trois pour une ; vos peuples en sont tourmentés, vos dépenses de beaucoup augmentées et vos forces de beaucoup diminuées ; […] C’est pourquoi, soit par traité ou par une bonne guerre, si vous m’en croyez, Monseigneur, prêchez toujours la quadrature. Non pas du cercle mais du pré. »

Source : Le traité de l’attaque des places de Monsieur de Vauban, ingénieur du Roi

Nicolas Faucherre, Gallimard, 1992

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