Les techniques de réalisation

Les premières maquettes de la collection furent réalisées sur place par les ingénieurs militaires qui étaient chargés aussi de la construction des fortifications. L’échelle comme la technique utilisées étaient alors variables. Progressivement, la technique s’uniformisa. Deux ateliers spécialisés dans la construction des plans furent ouverts en 1743 à Lille et à Béthune. Réunis au Louvre en 1756, au moment du premier grand chantier de restauration, puis transférés aux Invalides en 1777, ils facilitèrent le processus d’uniformisation. La fabrication des maquettes se fit alors selon une méthode éprouvée : d’abord par un relevé précis sur le terrain, utilisant les meilleures techniques de la cartographie et du dessin, et fournissant toutes les informations nécessaires ; ensuite par la réalisation matérielle : chaque plan est constitué d’un ensemble de tables, soutenues par un piétement. Sur ces tables, les formes de relief sont faites de bois et de carton. Les éléments bâtis sont aussi en bois, les sols en sable et en soie, les éléments végétaux en soie et en métal.

 

La restauration des plans-reliefs

Réalisation : Isegoria (avec les images de l’ECPAD)

Durée : 3’24

 

Pragmatisme et uniformisation

Les plans les plus anciens de la collection ne sont pas les plus précis. Les méthodes de relevé de construction se sont perfectionnées avec le temps. Dès les années 1680, cependant, on adopta une échelle unique, d’un pied pour cent toises, soit environ 1/600. Une échelle plus petite fut utilisée exceptionnellement pour représenter des éléments précis de fortification ou des bâtiments isolés.

À partir des relevés effectués sur place par les ingénieurs géographes, un plan du site au 1/600 était dessiné. Ce plan permettait de délimiter les futures tables constituant le plan. Sur ces tables étaient d’abord superposés les planches de bois formant les reliefs ; au-dessus des planches, du carton mâché permettait de représenter les reliefs les plus fins ou les plus complexes. Enduit de colle, le carton était couvert d’une couche de sable, sur laquelle on pulvérisait de la soie hachée. L’eau était peinte à l’huile, ou représentée par de petits éléments de verre. Les arbres étaient constitués de fils de métal entourés de soie ; les éléments bâtis étaient faits de bois de tilleul taillé, puis couvert de papier gravé ou peint. Une fois chaque table terminée, elle était assemblée à ses voisines au moyen de barres. Ce système est toujours en vigueur, et permet la conservation des plans en éléments séparés.

 

Le montage d’un plan-relief

Réalisation : Isegoria (avec les images de l’ECPAD)

Durée : 2’43

 

Assemble un plan-relief !

 Multimédia Assemble un plan-relief !Replacez les pièces du puzzle dans le bon ordre pour découvrir le plan-relief qui se cache derrière ce jeu.

 Réalisation : La Méduse © Maison de l’histoire de France

 

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Les plans-reliefs et la cartographie

« Cartes en trois dimensions », les plans-reliefs ont nécessité, dès les commencements, l’utilisation des meilleurs systèmes cartographiques. Les ingénieurs-géographes à qui cette mission fut confiée étaient, au XVIIIe s., les spécialistes de ces systèmes, qu’ils exploitaient en particulier pour le relevé, des territoires conquis ou à conquérir. En 1809, Napoléon ordonna le lever de l’ensemble des environs de places fortes, sur un périmètre de 800 m, en utilisant le système des « courbes horizontales » mis au point quelques années plus tôt, en particulier par Haxo. Les relevés effectués à la suite de cet ordre, en particulier par la « brigade topographique » créée en 1813, facilitèrent la construction des nouveaux plans-reliefs. Les topographes de la galerie croisaient en effet les informations fournies par la brigade avec leurs relevés sur le terrain, qui portaient sur le patrimoine bâti : chaque maison de la ville à représenter était dessinée en « développé géométral », c’est-à-dire sur toutes ses faces. Les « cahiers de développement » ainsi remplis forment des documents uniques, plus précis encore que les plans. Une partie d’entre eux sont conservés parmi les archives du musée des plans-reliefs : ceux de la ville de Toul ont été récemment numérisés.

 

L’évolution de la cartographie

Multimédia Evolution de la cartographieAdmirez de magnifiques cartes en haute résolution qui témoignent chacune des progrès de la cartographie dans l’histoire.

Réalisation : La Méduse © Maison de l’histoire de France

 

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